Mes sanglots envahirent l'espace. Comment peut-on se sentir aussi seule en ayant autant de personne autour de soi? Question difficile à répondre, en vérité. Plusieurs sortes, ou devrais-je dire, degrés d'amour nous habitent. Le premier est irrémédiablement celui qui nous rapproche à nos parents, celui que nous n'oublierons jamais, quoi qu'il arrive, car c'est le premier amour qui nous fut donné. Le second est plus affectif qu'autre chose, il se rapporte aux amis, aux personnes que l'on apprécie tout simplement pour leur personnalité...etc. Et enfin, le troisième, le plus intense, et le plus passionné des trois est ce fameux amour avec une majuscule à son nom. Comment pourrait-on le qualifier, comment pourrait-on l'exprimer à l'aide de mots cet Amour si grandiose, dont (presque) tout le monde rêve?
Une angoisse me saisit et je me recourbais, prête à m'étouffer dans mes cris adressés à l'oreiller.
Toujours les même questions qui se répètent sans cesse. Ça pourrait paraître comme quelque-chose de naturel de pleurer pour quelqu'un, et de l'oublier par la suite, comme tout(es) les autres...j'estime avoir le droit de n'accorder mon c½ur qu'à une seule et unique personne, et de continuer à l'aimer sans reproches envers moi-même. Les gens sont sales avec moi, qu'importe, ma gentillesse prend toujours le dessus sur le mauvais. Ma santé n'est pas très stable, il me semble que je dérive du mauvais côté, que je dévale une pente sans fin, et qu'au bout, il y a une énorme caillasse prête à me fendre le crâne. Perception de la chose assez noire, je l'avoue, mais je continue tout de même à vivre, parce-que je n'ai aucune envie d'éteindre la lueur qui allume mon regard lorsque j'entends son prénom ou bien de faire disparaître ces papillons qui batifolent dans mon ventre lorsque j'entends sa voix. Alors je mens, je souris, puisque c'est ce que l'on attend de moi, je l'oublie, quelques heures, pour reprendre ma respiration et m'adonner à d'autres occupations que celles de l'analyse de son image dans ma tête. La brutalité de son rejet envers moi a augmenté mon désir de vouloir lui appartenir...